
Quand les marins
pêcheurs de Chioggia
partent six mois en mer, les femmes de Chioggia trouvent leur vie vide
de « sens » ...
Alors, quand, sur
la place de Chioggia,
passe le batelier Toffolo, un des seuls hommes resté à
terre, les « sens »
des femmes de Chioggia s’allument …
Mais quand,
ensuite, les marins
pêcheurs
de Chioggia rentrent, les langues des femmes de Chioggia font des
ravages et la
jalousie se réveille …
Les hommes de
Chioggia sortent alors les
couteaux et les bâtons. Les femmes de Chioggia, elles, n’en ont
pas besoin, elles
se battent à main nue, à coups de poing, à coups
de pieds …
Mais quand le
baroufe devient trop fort
à Chioggia, Vicenzo, l’âme damnée du sombre
illustrissime Isidoro, intervient
et abuse de son pouvoir, torture et perversion à Chioggia …
A Chioggia, tout
finit pourtant toujours
bien, car c’est ce que les femmes de Chioggia veulent …
Oui
il s’agit d’une comédie.
Et
je veux rire de cette sensualité exacerbée, de ces corps
qui se laissent aller
à la chaleur du vent du sud …
Je
veux rire de ces bagarres démesurées, où souvent
les femmes ont le dessus sur
les hommes …
Je
veux même rire des noirceurs des hommes de pouvoir qui profitent
de leur rang
pour dépouiller et torturer les hommes et caresser les femmes …
Je
veux rire …
Comme
dans un certain village « peuplé
d’irréductibles gaulois que nous
connaissons bien », je veux, ici à Chioggia,
être l’observateur des démesures
de ses habitants.
Tout
va en effet à l’excès et c’est ce qui prête
à rire
Goldoni est
un auteur qui
écrit formidablement pour les femmes.
Et
je veux considérer alors les hommes - et même les plus
pourris - comme des
pantins que ces dames de Chioggia aiment à désarticuler.
Mon
adaptation et ma mise en scène de « Baroufe à
Chioggia » tenteront
d’affirmer tous les paroxysmes, tous les excès, toutes les
démesures.
Et
je souhaite pouvoir confirmer ainsi que grâce au rire qui nous
libère de tous
les tabous, on peut aller loin dans la peinture de l’âme humaine …

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